 |
Perudo à travers les âges :
On retrouve des traces de Perudo jusque très loin dans l’histoire
des civilisations Précolombiennes.
Déjà, dans les Andes, chez les incas, il était difficile
de concevoir une fête religieuse sans que Perudo n’y ait un rôle
central.
Le grand prêtre prenait place dans le temple du Dieu Soleil, près
de l’autel, et c’était un redoutable privilège que
de rester à ses côtés durant la cérémonie.
Comme les prétendants étaient nombreux et que la place était
limitée, on devait les départager grâce à quelques
épreuves dont la plus délicate était celle du Perudo.
Les joueurs prenaient place autour d’un grand feu de camp, et jouaient
à Perudo jusqu’à l’aube en utilisant des dés
en os et de somptueux gobelets en or massif.
La règle était toutefois un peu différente de celle que
vous connaissez. Grâce aux travaux d’un archéologue britannique,
Lord Pumpkin, on a pu Établir que chaque face des dés avait un
nom.
Le 1 s’appelait le « quetzalcoatl, le 2 le « Zorino »,
le 3 le « Lama céleste», le 4 le « crachat du Lama
céleste énervé», le 5 le « machu men »
(en hommage aux habitants masculins de Machu Pichu), et le 6 « le mystérieux
» pour célébrer le l’Inca et ses mystère.
La variante principale consistait en l’élimination systématique
d’un joueur si ses cinq dés affichaient simultanément un
six lorsqu’il révélait le contenu de son gobelet. Il était
alors d’usage de s’exclamer « les mystérieux six, t’es
dehors ! » pour signifier au malheureux qu’il devait quitter la
partie.
On suit ensuite le jeu à la trace jusqu’en Amérique centrale
où les divers peuples précolombiens ont usé de ses pouvoirs
présumés pour de nombreux usages.
Les guérisseuses Chichimèques se servaient des gobelets de Perudo
pour y décanter de mystérieuses potions. Après de longues
parties du jeu, on présumait que les gobelets acquéraient d’incroyables
pouvoir magiques.
Les Toltèques, lorsqu’ils faisaient bombance de galettes de maïs
se servaient des gobelets pour se verser quelques goutte d’une explosive
piquette appelée Pulque.
Les Olmèques vouaient un culte important au jeu, et gravaient de colossales
têtes représentant les visages des meilleurs joueurs.
Mais les plus férus du jeu furent les Aztèques qui lui durent
même leur défaite face à Cortés. Trop occupés
qu’ils étaient à jouer, ils perdirent leur pugnacité
et leur combativité, avant de se faire battre facilement par les conquistadors.
Ensuite, le jeu disparaît de l’histoire. Les Espagnols, ayant bien
compris que Perudo pouvait causer de grands torts auprès des soldats,
firent tout leur possible pour qu’il n’arrivât pas en Europe.
On ne retrouve sa trace que grâce aux recherches de Lord Watermelon,
autre archéologue Britannique de renom, qui exhuma un unique exemplaire
de Perudo, lors de fouilles sur le site de Mexico en 1947.
Cette découverte eut un retentissement important, et Perudo se propagea
immédiatement dans toute l’Amérique du Sud et dans les Caraïbes.
Che Guevara était en train de jouer à Perudo lorsqu’il fut
attaqué par les soldats Boliviens en 1967.
Si le Brésil échoua en quart de finale de la Coupe du Monde de
football en 1966, c’est parce que la veille du match, tous les joueurs
Brésiliens, Pelé et Garrincha en tête, jouèrent à
Perudo toute la nuit.
Peu de gens le savent, mais Compay Segundo, lors d’un enregistrement se
déroulant vers 1953, n’avait pas de maracas sous la main, et les
remplaça avantageusement par des gobelets de Perudo remplis de dés.
Les exemples sont innombrables. On joue à Perudo dans les trains qui
grimpent vers l’altiplano, sur des yachts luxueux lors de parties de pêche
au gros, dans le Mato-Grosso, sur le port de Valparaiso, partout, on célèbre
Paco !
Depuis, le succès du jeu ne s’est jamais démenti, et Perudo
s’est répandu comme une traînée de poudre dans le
monde entier !
|
 |